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a
tête dans l’oreiller, les cheveux déroulés,
on croirait qu’elle prie. La peau sous la lueur de la
lampe est plus belle que du chêne ciré. Elle
attend, cordes tendues, l’archet qui va l’éblouir.
Elle a ramené,
en les écartant, ses genoux près de ses seins que deux paumes
viennent couvrir, lentes, pénétrantes comme un lierre de
vingt ans. Elle respire plus fort, elle brûle ; il l’embouque.
Tout entière
habitée... Un nerf de sang et d'enthousiasme roule un orage à
l'entour des cuisses, secoue le ventre comme une gerbe. Sous le manche
dru, les prunes tremblent ; sous les ongles, elles crissent comme
de la soie.
En même
temps qu’elle saisit,
la tête en étoile, toutes les volutes de la symphonie, elle
plonge plus loin, elle talonne, elle exulte. Pupilles dilatées,
elle adore son seigneur il la dirige : elle l’inspire.
Quand sourd
la paix, le partage la transfigure. Alors, comme une barque oscille entre
les berges d’une rivière,
tandis qu’il babille
encore ses tendresses les plus rares, l’index en pagaie,
elle le foudroie jusqu’à la
garde.
La
Vie crépusculaire, prix Kowalski de la ville de Lyon,
Cheyne éditeur, 1996
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