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uprès
du feu de cheminée, le corps aussi patiné que
le plateau de chêne à pleines mains saisi, dans
la musique elle se plante, ouverte jusqu’à terre,
la tête sous les poutres, pendant que les seins déjà
se calent sous les paumes caressantes de l’aimé.
Comme une flamme, entre les lèvres,
la langue dodeline, se dresse, s’assoupit, pète, éclate
en mille baisers. Un doigt cependant, puis deux, puis trois, plus fort,
en chaude gloire – le pouce agile sculpte un cri. Elle, à
hue, à dia, les cuisses plus tendues que des dormants à
l’œuvre, se coule et roule en boule, descend, remonte, fend
et refend le ciel. Elle exige maintenant que l’ascenseur du plaisir
l’habite tout entière.
Et l’œil aveugle qui faisait le beau, à frisotter,
bute, culbute et se coule à demi entre les touffes qui s’entremêlent,
tels des rosiers pleurant la sève, et l’on s’accroupit
au passage, on se redresse et l’on dirait des applaudissements,
quand soudain il dévale
Comme il ne cesse de grandir, bien qu’englouti, l’aimée
bat la mesure de ses boucles. Sous les ahans, une forêt brûle
dans les veines, les caresses s’exaspèrent, les amants arc-boutent
plus fort leurs racines. Et les corps emportés des talons aux sourcils
traversent la béatitude, tandis qu’expire la musique de l’étreinte
et, dans la cheminée, la braise lentement cède au sommeil
qui sourit.
[La
Vie crépusculaire, Cheyne, 1996]
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