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LA PAROLE ÉPARSE
es jardins où jamais elle ne m’accompagne, je crie
son nom. Et les bouquets que j’apporte au dîner passent mes
pleurs… À peine elle m’embrasse !
Un bruit a couru qu’elle devait vivre.
Elle est si belle dans sa fragilité. Pour ses amis mécontents,
j’ai déjà trop de la vie.
Je suis l’enfant si sage ! Il
n’y a pas à me regarder. Quand on doit cependant me gronder,
c ’est la nuit et le silence, dont j’ai peur.
De la maison, pleine à craquer de
rires éteints, si je m’en vais avec mon père, lui
c’est le soleil qu’il veut étreindre dans la campagne.
Quand je ne sers pas l’oubli comme
une bague à ses mains, lui aussi me perd à je ne sais quelles
eaux.
[Poème repris dans Manque
à vivre, recueil épuisé de 1985]
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