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avait fait valoir l’ovale du temps quand les doigts
se trouvaient, sa bouche agile de mangue fraîche, combien
son petit nez pouvait gambader – il prit du plaisir
aux pointes lentes à durcir, qu’elle promenait
partout sur la peau comme les fers d’un doux traîneau.
Il aima que, solitaire, puisqu’elle le voulait, ou tête-bêche,
elle le fît vibrer plus fort. Il idolâtra, au
fil des mois, ses hémisphères d’astre
miniature où boire et rejaillir quelquefois, et surtout
les pétrir et puis les entrouvrir d’un doigt,
de deux, de trois, la main tout entière à la
fin endiablée jusqu’à ce que, la nuque
à la renverse, balançant toutes ses boucles,
elle n’en puisse plus de gémir, de hennir, de
réclamer ce qu’il lui donnait soudain, fougueux,
démesuré, et qui rentrait comme une aiguille
dans un vêtement. Les bourses carillonnaient sans bruit
près des lèvres de miel, affamées ; et
pendant qu’il ciselait encore une framboise, dans un
ralenti de râle, la prison se changeait en or qui se
pressait millimètre par millimètre, au point
que tel un arbre il s’abattait sur elle qui tirait,
les fesses en lasso, l’ultime quintessence de ce pourquoi
il vivait sur la terre.
Pierre
Perrin, La Vie crépusculaire
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