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oute la presse française est tombée, ou peu s’en faut, Le Monde excepté, sur le pauvre Fillon, pour lui reprocher telle une bévue sa considération devant des paysans corses, vendredi 21 septembre : il gouverne un pays en faillite. Et le pauvre homme a dû alléguer la métaphore. Or, s'il est vrai que la France emprunte [et donc s'endette de] 2000 euros par seconde, Fillon avait-il tort sur ce front-là ? Moral, il faut certes te garder intact pour les financeurs ! Grands journaleux de la télévision, qu’est-ce qui vous a pris d’aboyer avec Hollande qui, lui aussi, aurait pu se souvenir : Qui a ouvert la dette en grand ? Les privatisations de 1981, à hauteurs de trois cents millions d’euros, sous l’ère Mitterand. Rocard ne l'a-t-il pas attesté à plusieurs reprises ? Aujourd’hui, on a dépassé les douze cents millions. On emprunte pour payer les intérêts, à ce qu’on lit ici et là. Et même, il va de soi que ce sont les pauvres de demain qui paieront les cadeaux multipliés en direction des plus aisés. On n’en sortira pas de sitôt… De là à tout avaler, des tours de vis sarkozystes, le pas est rabelaisien. En tout état de cause, les cadeaux pouvaient attendre — mais l’impudence, non ! [23 septembre 2007]
À l'entour de la nouvelle commémoration du 22 octobre, la secrétaire régionale de la CGT Educ'action Midi-Pyrénées, adressait une lettre ouverte qui exposait notamment le raisonnement suivant : « Les policiers français qui ont arrêté Guy Môquet et ses camarades obéissaient aux ordres. Étaient-ils responsables? Avaient-ils le choix? Le ministre de l'Intérieur Pucheu et le sous-préfet Lecornu qui ont établi la liste des otages fusillés sont-ils coupables? Mes élèves sont vifs d'esprit et ne manqueront pas l'occasion de faire d'eux-mêmes des parallèles avec l'actualité. Les policiers français et les préfets qui font du chiffre aujourd'hui, en condamnant à une mort certaine les sans-papiers qui ont fui leur pays, sont-ils responsables? Sont-ils des criminels ? De même, le professeur qui devrait enseigner le sens de la critique, l'exigence de la vérité et qui se fait l'instrument du pouvoir en obéissant, est-il complice du pouvoir ?… » Or l'idée de « condamner à une mort certaine des sans-papiers » ne relève-t-elle pas du bourrage de crâne, plus que de l'éveil des consciences ? Serions-nous donc, par millions, aveugles à ce point pour ne pas voir qu'un minimum de maîtrise de l'immigration s'apparenterait au pire esclavagisme du 18 ème siècle ?! Mais ce n'est pas tout. Car ensuite faire un amalgame entre la cause de la mort de G. M. — répression aveugle par exécution d'otages suite à un “attentat terroriste” (au demeurant presque aussitôt condamné par Londres, parce que le procédé mettait trop de vies innocentes en danger : source l'émission de France Inter à 13 h 30, ce 22 octobre justement) — et donc le procès d'intention fait au gouvernement français en exercice d'une exécution de sans papiers [puisque, dit-elle, ses élèves feront « des parallèles avec l'actualité » ]… comment des profs peuvent-ils trouver cet argument juste, et digne, et y faire souscrire des élèves ? Ajoutons, puisqu'elle lit elle-même la lettre aux élèves, la contradiction qui fait d'elle une sorte de fasciste (puisque complice par soumission aux ordres) qui sortirait du rang. — Quant à l'injonction de rameuter des résistants dans les écoles, attention ! Lucie Aubrac n'a-t-elle pas soutenu, naguère, sur France Culture, un matin reçue par Pierre Assouline, que si elle avait eu à choisir entre sauver un enfant et une œuvre d'art, c'est l'œuvre d'art qu'elle eût sauvée sans hésiter au prétexte qu'un enfant pouvait être re-procréé, alors qu'un tableau était détruit à jamais. Cette préférence se trouve d'ailleurs également exprimée chez George Steiner, dans son Château de Barbe bleue [Folio]. Ceci pour rappeler que l'absolue justesse de la pensée reste une vue de l'esprit, hélas. Et la mienne, il va de soi, ne prétend en rien échapper à ces affres.
On peut tout de même se demander en quoi cette polémique a bien pu profiter aux élèves — et aussi reposer l'hypocrite question de la neutralité politique exigée du corps professoral, puisque toujours à sens unique [qu'on se souvienne de Lang poussant, en avril et mai 2002, les élèves par centaines de milliers dans les rues] et impossible à tenir.
[Pour contacter Pierre Perrin]
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