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toi, qui que tu sois, grand ou petit,
clé ou serrure, en lair, au sol, parmi les fleurs, entre quatre
murs,/ à toi lapatride ou lirréductible du plus fier
village du monde, toi le moderne ou qui te souviens dAdam,/
à toi qui vas mourir sans le savoir, sans patrie, mais promis déjà
à ces lieux sans contour et peut-être sans âme,/ à toi que je ne
connaîtrai ni sur la terre, ni sur les mers, à toi qui ne parles
pas et pourtant si bien écoutes,/ à toi debout, couchée, mal aimée,
flamboyante, à toi la deux en un, dans tes sens et le sens que tu
donnes à ta vie,/ à toi ce livre à deux mains peut-être gauches
; lune a fait, haut en couleur, clic ; lautre a couru
le déclic décrire,/ à toi ces photos dun lopin de France
et ces pages caressées dans la lumière dun galopin de partout,/
à toi cette franche contrée de Courbet à Pasteur en passant par
Hugo, lui de passage, presque de partout,/ à toi cette attente et
ces retenues, ces délices daimer les êtres et les choses,
dans les neiges et sur les blés,/ à toi cette Franche-Comté,
par le truchement de ce livre davant et daprès les heures
tendres,/ à toi ce don de beauté que tes yeux et ton âme ensemble
partagent déjà sur le seuil du bonheur.
Pierre Perrin [4 avril 2000]
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