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out dabord, rappeler que nombre
de ces figures de style font partie du vocabulaire courant.
Cest le cas des mots tels que comparaison,
mais aussi métaphor[iqu]e, paradoxe
et même chiasme. Passer à côté
de ce que veulent signifier ces termes, dans le discours de
chaque jour, cest ne pas comprendre son interlocuteur.
La liberté commence par la maîtrise du vocabulaire.
Cette ambition au ras des pâquerettes naines [expression
fleurie de Giscard, au temps de sa Présidence] justifie
assez lexistence en devenir de cette page en
cours délaboration donc.
La suite intégrera ou non quelques commentaires dans
le tableau ci-dessous. En tout cas, définition et exemples
marchent sur la même ligne
de front, contre lignorance :
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Anacoluthe
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Déf. : Faute de
syntaxe superbement voulue ou, plus benoîtement,
rupture de construction syntaxique. Quel que soit le
choix, le but est de saisir linterlocuteur.
Exemple : Pascal note
dans ses Pensées : « Le
nez de Cléopâtre, s'il eût été
plus court, la face du monde en eût été
changée. » La logique grammaticale
voudrait que le nez de C. restât le sujet du verbe
changer ; ce nez aurait ainsi changé, ou
non, le cours du monde. Or, en brutalisant la syntaxe
de la phrase, Pascal établit avec force un parallèle
entre deux longueurs, celles du nez et du monde, quelques
centimêtres en regard de millions de kilomêtres.
Le mathématicien de génie que fût
aussi Pascal métaphorise ici le monde de surcroît
en lui attribuant une face qui réciproquement
grandit celle de Cléopâtre.
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Anadiplose
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Déf. : Reprise
dune syllabe, voire dun ou plusieurs termes,
pour constituer une sorte de chaîne.
Exemples : Marabout, bout
de ficelle, selle dagneau
Ou bien
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Antithèse
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Déf. : Opposition
forte entre deux idées.
Exemples : Vous vivrez
sans regret ; je mourrai de douleur.
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Antonomase
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Déf. : Un nom propre,
par le type quil incarne ou linvention qui
fut la sienne, devient commun.
Exemples : Harpagon donne
un harpagon. M. Poubelle désigne ensuite la poubelle.
M. Mac Adam est devenu son goudron sur nos routes. Un
Dom Juan, une Antigone, etc.
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Aphérèse
Apocope
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Aphérèse
: arase du début dun mot, suppression dune
ou plusieurs syllabes initiales, pour aller plus vite
au but.
Exemples : le net,
pour Internet ; les Ricains, pour les Américains.
Apocope : coupe de la
fin dun mot, raccourci par la fin.
Exemples : le bac[calauréat],
le prof[esseur], la Starac[adémie], les
scénar[i]s (dans la bouche de Richard Bohringer).
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Chiasme
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Déf. : Figure de style
en forme de croix [antithèse renforcée,
volonté de ligoter linterlocuteur. On ne
peut rien ajouter en règle générale
à cette forme de pensée totalement verrouillée.]
Ex. : Montaigne : « Nous
troublons la vie par le soin de la mort, et la mort
par le soin de la vie. »
Autres exemples : « La
vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie. »
[Malraux] Elle est belle de loin ; elle est loin
dêtre belle. L. Fabius, à
propos de S. Royal que lhebdo Voici avait
présentée à ses lecteurs en maillot
de bain, a ainsi déclaré le 27 août
2006 : «
ne dit plus voici
mon programme, mais mon programme, cest
Voici. »
À noter que les jeunes des banlieues
savent manier le chiasme, ici meurtrier, à ladresse
de policiers : « Tu rentres, O.K ;
mais tu ressors K.O. ! » Cest
dans Le
Monde
du 11.10.06 et à se demander si la France
nexprime son génie que dans la rébellion !
N.B. : Les chiasmes prosodiques
sont très intéressants. Par exemple, le
premier vers d À
une passante chez Baudelaire est construit
fermement : « La rue [2 syllabes] assourdissante
[4] autour de moi [4] hurlait [2]. » Ainsi
peut-on entendre littéralement et rythmiquement
lenfermement dans lequel se situe dentrée
le poète.
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[Éponyme]
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Déf. : Un personnage
confère son nom au titre de luvre
dans laquelle il existe. On parle donc de personnage
éponyme. Attention, ceux qui parlent dune
uvre éponyme commettent une
ânerie de fort calibre. Autant prétendre que la Tour d'acier élevée à Paris en 1887-1888 aurait donné à Eiffel, né en 1832, son nom !
Exemples : Horace, chez
Corneille ; Dom Juan, chez Molière ;
Phèdre, chez Racine. Thérèse Desqueyroux,
chez Mauriac
Et c'est parce que j'évoque ici les personnages que je ne porte pas en italiques ces noms qui sont aussi des titres d'œuvres célèbres : Horace de Corneille, etc.
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Hyperbole
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Déf. : Exagération
destinée à ressaisir lattention
de linterlocuteur.
Ex. : Molière,
dans LAvare : « Je me meurs,
je suis mort, je suis enterré. Ny a-t-il
personne qui veuille me ressusciter ? »
Ou bien Racine, dans Phèdre : « Jusquau
fond de nos curs notre sang sest glacé. »
Dans ces deux cas, le langage fait tourner la tête
au temps et, de ce fait, au spectateur.
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Litote
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Déf. : Qui permet, en exprimant le moins, de suggérer le plus. Attention, la tournure est forcément négative.
Exemples : 1. littéraire : Rodrigue à Chimène : « Va ! Je ne te hais point. » = je t'adore. 2. familier : «Y'a pas photo. » = C'est évident, très clair. |
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Métonymie
et
Synecdoque
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Déf. : Un terme
le plus souvent générique invite en fait
à percevoir, lire un détail. (Boire un
verre = son contenant. Chez Corneille et Racine, le
fer désigne lépée. Etc.)
Ex. : Dans le récit de Théramène, Acte V, scène 6 de Phèdre, où sont évoqués, à propos d’Hippolyte à l’agonie, « les chevaux que sa main a nourris », on voit bien la différence avec un plus banal : « les chevaux qu’il a nourris de sa main ». Le choix de la main placée en sujet de l’action, et qui fait de celle-ci une métonymie — ce qui a nourri, c’est ce que la main a donné, foin, farine — accentue le don du mourant, sa générosité totale…
Autre ex. : Cet extrait de la presse en
ligne : « À la Une du
13 septembre 2003, le quotidien parisien Le Monde [
] indique : Selon Jérusalem, le
chef de lAutorité palestinienne est un
obstacle absolu à la réconciliation.
La métonymie, qui permet de désigner
un gouvernement par la capitale de son pays, est une
figure de style fréquente dans la presse. »
[Source Voltaire.org voir
lanalyse en image de ce passage qui, le site
savérant parfois inaccessible, prend le
journal en flagrant délit de parti-pris, la capitale
restant Tel-Aviv, selon l’O.N.U.]
Déf. de la synecdoque :
Au contraire, un détail appelle lattention
sur ce qui lenglobe forcément.
Hugo : « Et
les voiles au loin descendant vers Harfleur »
Baudelaire : « Je vois un port rempli
de voiles et de mâts »
Dans ces deux vers, les éléments
remplacent le mot bateau. Le second surtout
évoque une représentation beaucoup plus
riche dêtre érotisée :
la voile faseye tel un ventre au secret ; le mât
est dressé dans sa vraisemblable vigueur
Tout le poème, Parfum exotique, le
confirme amplement.
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Mot-valise
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Déf. : Constitution
dun terme neuf par fusion de deux fragments pris
à deux termes.
Exemples : Chirac, après
le génial Rimbaud, qualifant sa propre affaire
dabracadabrantesque fait fusionner
la fin de dantesque [= infernal] avec abracadabrant
(ici inchangé) : qui na pas de sens
Plus communs : parler dun intermiteux
du spectacle, dun repas sortir en le qualifiant
de dégueulicieux ; constater la médiatictature
en boucle, etc.
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Oxymore
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Déf. : Coexistence de
deux termes totalement opposés. Moyen de créer
une réalité dune troisième
dimension.
Exemple : Montaigne : « Ainsi
y a-t-il des défaites triomphales. »
Voltaire pour stigmatiser la guerre : « une
boucherie héroïque ». Baudelaire :
un jour noir plus triste que les nuits.
Nerval : le soleil noir de la mélancolie.
Julien Gracq ou moi-même, je ne sais plus :
une solitude giboyeuse. Et tant dautres :
un bon petit diable ; un mort-vivant ; un supplice si doux, dans Phèdre ; un
crime dhonneur et telle autre légitime défense
préventive !
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Paradoxe
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Déf. : Affirmation
qui va contre lopinion la plus répandue.
Exemples : Montaigne :
« Cest puer que de sentir bon. »
En se souvenant quen son siècle, le parfum
palliait le savon ! Descartes : « Le
bon sens est la chose la mieux partagée du monde. »
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Paronomase
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Déf. : Jeu sur
des sons proches, pour frapper loreille, pour
exprimer des sens opposés.
Exemples : Au temps où
Giscard avait créé les Travailleurs dUtilité
Collective, le secrétaire général
du P. C. avait, comme entre deux vins, tonitrué
: « les TUC cest du toc ».
Se souvenir encore de lignominieux slogan de soixante-huit :
CRS, SS ! en ce quil décuplait, à
en crever, lesprit de tolérance
[Lire
à cette occasion]
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Polyptote
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Déf. : Un polyptote
est lutilisation à effet de redondance
de mots de même racine.
Exemples : Aimer damour,
chanter une chanson, haïr la haine, tolérer
la tolérance mais dormir son sommeil
< à vérifier
Tel est pris
qui croyait prendre.
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Prétérition
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Déf. : Formulation qui permet de parler de quelque chose ou quelqu'un en attirant d'abord l'attention sur le fait qu'on n'en parlera pas.
Exemples : Un Tel, pour ne pas le nommer… Je ne dirai rien de la Peur qui est tapie en chacun, etc.
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Prosopopée
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Déf. : Fait de donner la parole à un absent [personne morte, entité ou idée telle que la Poésie par exemple]
Exemples : Voir Cadou qui donne la parole à la Poésie…
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Syllepse
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Déf. :
Accord non par logique grammaticale, mais par le sens.
Exemples : La moitié
des habitants est mal logée [accord grammatical].
La moitié sont mal logés. [Voir
aussi]
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O
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Déf. :
Exemples :
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|
O
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Déf. :
Exemples :
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Zeugma
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Déf. : Procédé
qui consiste à rattacher grammaticalement à
un même terme deux éléments (ou
plus encore) très éloignés par
le sens logique.
Exemple : Il tira son
mouchoir et, le coup parti, au plus court, presque à
angle droit. Le propre de léclair est quil
est sans mémoire. Il prit une gifle
et aussitôt la porte. [Prendre ici à bien
deux sens successivement : recevoir et disparaître.]
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[]
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Ch
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Pierre
Perrin, 30 août 2006
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