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out dabord, rappeler que nombre
de ces figures de style font partie du vocabulaire courant.
Cest le cas des mots tels que comparaison,
mais aussi métaphor[iqu]e, paradoxe
et même chiasme. Passer à côté
de ce que veulent signifier ces termes, dans le discours de
chaque jour, cest ne pas comprendre son interlocuteur.
La liberté commence par la maîtrise du vocabulaire.
Cette ambition au ras des pâquerettes naines [expression
fleurie de Giscard, au temps de sa Présidence] justifie
assez lexistence en devenir de cette page en
cours délaboration donc.
La suite intégrera ou non quelques commentaires dans
le tableau ci-dessous. En tout cas, définition et exemples
marchent sur la même ligne
de front, contre lignorance :
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Allégorie
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Déf. : Ce mot vient du grec et signifie “parler autrement” — mais ne serait-ce pas le propre de presque toutes les figures de style ? Celle-ci consiste à rendre concrète une abstraction, c’est-à-dire une idée, un sentiment, une qualité morale, voire une force de la nature. Pour ce faire, elle recourt souvent à la personnification, voire à la prosopopée, mais pas seulement, si l’on observe que le mythe [de Sisyphe, par exemple], la parabole [des talents], la fable constituent presque toujours des allégories développées.
Exemples : un squelette enveloppé d’un manteau noir et tenant une faux, pour la mort ; une femme aux yeux bandés tenant un glaive en sa main droite et une balance en sa main gauche, pour la justice. Quand Baudelaire note que « Le Temps mange la vie », c’est le verbe ‘manger’ qui signe l’allégorie, c’est-à-dire rend visible l’abtraction du temps, son action de soustraire, de dévorer. [Jusqu’à la fin du 19ème siècle, la majuscule s’impose.] Dans « les animaux malades de la Peste » comme dans le roman de Camus, près de trois siècles plus tard, chacun voit bien que la peste renvoie à un mal — à l’origine — moral.
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Anacoluthe
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Déf. : Faute de
syntaxe superbement voulue ou, plus benoîtement,
rupture de construction syntaxique. Quel que soit le
choix, le but est de saisir linterlocuteur.
Exemple : Pascal note
dans ses Pensées : « Le
nez de Cléopâtre, s’il eût été
plus court, la face du monde en eût été
changée. » La logique grammaticale
voudrait que le nez de C. restât le sujet du verbe
changer ; ce nez aurait ainsi changé, ou
non, le cours du monde. Or, en brutalisant la syntaxe
de la phrase, Pascal établit avec force un parallèle
entre deux longueurs, celles du nez et du monde, quelques
centimêtres en regard de millions de kilomêtres.
Le mathématicien de génie que fut
aussi Pascal métaphorise ici le monde de surcroît
en lui attribuant une face qui réciproquement
grandit celle de Cléopâtre.
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Anadiplose
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Déf. : Reprise
dune syllabe, voire dun ou plusieurs termes,
pour constituer une sorte de chaîne.
Exemples : Marabout, bout
de ficelle, selle dagneau
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Anagramme
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Déf. : Déplacement d’une ou plusieurs lettres dans la composition de deux termes. Le but est de frapper l’esprit, une fois de plus.
Exemples : Ronsard prévient que “Marie”, c’est “aimer”. Il faut parfois s’élancer pour s’enlacer. Revitaliser / relativiser. La marche, le charme.
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Anaphore
et
épiphore
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Déf. : L’anaphore est la reprise d’un même mot ou ensemble de mots au début d’une suite de phrases, de paragraphes, de vers, etc. Le but est de frapper l’oreille. — L’épiphore fonctionne à l’identique, mais en fin de phrase, paragraphes, etc.
Exemples : Anaphore : Toujours aimer, toujours sourire, toujours vivre davantage… Ou chez Victor Hugo, lire ici — et pour l’épiphore : Dans son discours, rien ; dans ses actes, rien ; ce vantard n’est rien et moins que rien.
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Antiphrase
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Déf. : Selon le contexte, façon d’exprimer le contraire de ce qu’on pense. Un moyen fréquemment utilisé pour l’ironie.
Exemples : À la vue d’un tas de fumier devant une maison, dire : « C’est coquet ! » Voir se faire arrêter par les gendarmes quelqu’un qui venait de doubler à 140 km/h : « Il a tout gagné. »
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Antithèse
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Déf. : Opposition
forte entre deux idées.
Exemples : Vous vivrez
sans regret ; je mourrai de douleur. L’un pleure et l’autre rit…
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Antonomase
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Déf. : Un nom propre,
par le type quil incarne ou linvention qui
fut la sienne, devient commun.
Exemples : Harpagon donne
un harpagon = un avare. M. Poubelle désigne ensuite la poubelle.
M. Mac Adam est devenu son goudron sur nos routes. Un
don juan = un séducteur, une antigone = une rebelle, un tartufe = un hypocrite, etc.
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Aphérèse
Apocope
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Aphérèse
: arase du début dun mot, suppression dune
ou plusieurs syllabes initiales, pour aller plus vite
au but.
Exemples : le net,
pour Internet ; les Ricains, pour les Américains.
Apocope : coupe de la
fin dun mot, raccourci par la fin.
Exemples : le bac[calauréat],
le prof[esseur], la Starac[adémie], les
scénar[i]s (dans la bouche de Richard Bohringer), la Sécu[rité sociale], l’ado[lescent].
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Calembour
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Déf. : Jeu de mots. Jeu de sens sur des sons semblables. Moins subtil que la syllepse de sens [voir plus bas].
Exemples : Elle est en quoi la statue de la Liberté à New-York ?… Elle étend le bras ! Obama a gagné ; Hilary, elle a pleuré. Le copain partage le pain, la copine… [c’est peut-être pourquoi cette appellation a tant de succès].
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Chiasme
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Déf. : Figure de style
en forme de croix [antithèse au carré, renforcée ;
volonté de ligoter linterlocuteur. On ne
peut rien ajouter en règle générale
à cette forme de pensée totalement verrouillée.]
Ex. : au Moyen Âge : « Oignez vilain, il vous poindra. Poignez vilain, il vous oindra. » [Oindre = bénir ; poindre = prendre à la gorge.] Montaigne : « Nous
troublons la vie par le soin de la mort, et la mort
par le soin de la vie. » La Fontaine : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. »
Autres exemples : « La
vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie. »
[Malraux] Elle est belle de loin ; elle est loin
dêtre belle. L. Fabius, à
propos de S. Royal que lhebdo Voici avait
présentée à ses lecteurs en maillot
de bain, a ainsi déclaré le 27 août
2006 : «
ne dit plus voici
mon programme, mais mon programme, cest
Voici. »
À noter que les jeunes des banlieues
savent manier le chiasme, ici meurtrier, à ladresse
de policiers : « Tu rentres, O.K ;
mais tu ressors K.O. ! » Cest
dans Le
Monde
du 11.10.06 et à se demander si la France
nexprime son génie que dans la rébellion !
N.B. : Les chiasmes prosodiques
sont très intéressants. Par exemple, le
premier vers d À
une passante chez Baudelaire est construit
fermement : « La rue [2 syllabes] assourdissante
[4] autour de moi [4] hurlait [2]. » Ainsi
peut-on entendre littéralement et rythmiquement
lenfermement dans lequel se situe dentrée
le poète. Ou bien, dans ce vers de Victor Hugo où la diérèse [étirement d’une syllabe en deux sons de voix, le contraire est une synérèse, ex. : ‘fouet’ en un seul son] au début du second hémistiche est obligatoire : « Les mots [2] sont les passants [4] mystéri-eux [4] de l’âme [2]. »
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[Éponyme]
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Déf. : Un personnage
confère son nom au titre de luvre
dans laquelle il existe. On parle donc de personnage
éponyme. Attention, ceux qui parlent dune
uvre éponyme commettent une
ânerie de fort calibre. Autant prétendre que la Tour d’acier élevée à Paris en 1887-1888 aurait donné à Eiffel, né en 1832, son nom !
Exemples : Horace, chez
Corneille ; Dom Juan, chez Molière ;
Phèdre, chez Racine. Thérèse Desqueyroux,
chez Mauriac
Et c’est parce que j’évoque ici les personnages que je ne porte pas en italiques ces noms qui sont aussi des titres d’œuvres célèbres : Horace de Corneille, etc.
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Euphémisme
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Déf. : atténuation de quelque chose de désagréable. [Souvent confondu avec l’antiphrase, voire la litote.]
Exemples : Il est passé [pour il est mort]. Il repose [de même]. Chez Verlaine, dans « Mon rêve familier » un regard de statue, les voix qui se sont tues…
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Hyperbole
et
Tapinose |
Déf. : Exagération
destinée à ressaisir lattention
de linterlocuteur.
Ex. : Molière,
dans LAvare : « Je me meurs,
je suis mort, je suis enterré. Ny a-t-il
personne qui veuille me ressusciter ? »
Ou bien Racine, dans Phèdre : « Jusquau
fond de nos curs notre sang sest glacé. »
Dans ces deux cas, le langage fait tourner la tête
au temps et, de ce fait, au spectateur. Plus communément : je suis mort de rire, de froid, de fatigue, etc.
Déf. de la tapinose : hyperbole inversée.
Ex. : Cela ne casse pas trois pattes à un canard.
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Litote
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Déf. : Qui permet, en exprimant le moins, de suggérer le plus. Attention, la tournure est forcément négative.
Exemples : 1. littéraire : Rodrigue à Chimène : « Va ! Je ne te hais point. » = je t’adore. 2. familier : «Y’a pas photo. » = C’est évident, très clair. « Il n’a pas la lumière à tous les étages »… C'est pas gagné. |
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Métaphore… filée
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Déf. : C’est, par une ressemblance, un moyen imagé de parler de quelque chose (élément, personne, sentiment, etc.)… d’une façon suivie.
Exemples : Des cheveux d’or. — La métaphore est filée à partir du moment où la ressemblance est étendue par une ensemble de termes proches. Lire ce passage d’une lettre de Flaubert à Louise Colet où Gustave parle de l’art comme d’une montagne… Ou bien cette page de Taine qui file superbement la métaphore de conduire sa barque… Ou encore, cette saillie en ouverture de Dom Juan : « SGANARELLE, tenant une tabatière: Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac : c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l’on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu’on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d’en donner à droite et à gauche, partout où l’on se trouve? On n’attend pas même qu’on en demande, et l’on court au-devant du souhait des gens : tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d’honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent. » Ici, le tabac, c’est le théâtre. C’est évident, sinon c’est idiot et incompréhensible, quand Molière se moque de ceux qui ont fait interdire son Tartuffe, l’année d’avant.
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Métonymie
et
Synecdoque |
Déf. : Un terme
le plus souvent générique invite en fait
à percevoir, lire un détail. (Boire un
verre = son contenant. Chez Corneille et Racine, le
fer désigne lépée. Etc.)
Ex. : Dans le récit de Théramène, Acte V, scène 6 de Phèdre, où sont évoqués, à propos d’Hippolyte à l’agonie, « les chevaux que sa main a nourris », on voit bien la différence avec un plus banal : « les chevaux qu’il a nourris de sa main ». Le choix de la main placée en sujet de l’action, et qui fait de celle-ci une métonymie — ce qui a nourri, c’est ce que la main a donné, foin, farine — accentue le don du mourant, sa générosité totale…
Autre ex. : Cet extrait de la presse en
ligne : « À la Une du
13 septembre 2003, le quotidien parisien Le Monde [
] indique : Selon Jérusalem, le
chef de lAutorité palestinienne est un
obstacle absolu à la réconciliation.
La métonymie, qui permet de désigner
un gouvernement par la capitale de son pays, est une
figure de style fréquente dans la presse. »
[Source Voltaire.org voir
lanalyse en image de ce passage qui, le site
savérant parfois inaccessible, prend le
journal en flagrant délit de parti-pris, la capitale
restant Tel-Aviv, selon l’O.N.U.]
Déf. de la synecdoque :
Au contraire, un détail appelle lattention
sur ce qui lenglobe forcément.
Hugo : « Et
les voiles au loin descendant vers Harfleur »
Baudelaire : « Je vois un port rempli
de voiles et de mâts »
Dans ces deux vers, les éléments
remplacent le mot bateau. Le second surtout
évoque une représentation beaucoup plus
riche dêtre érotisée :
la voile faseye tel un ventre au secret ; le mât
est dressé dans sa vraisemblable vigueur
Tout le poème, Parfum exotique, le
confirme amplement.
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Mot-valise
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Déf. : Constitution
dun terme neuf par fusion de deux fragments pris
à deux termes.
Exemples : un courriel [courrier électronique], voire un pourriel [le même, cette fois pourri]. Chirac, après
le génial Rimbaud, qualifant sa propre affaire, à la tête de la mairie de Paris,
dabracadabrantesque fait fusionner
la fin de dantesque [= infernal] avec abracadabrant
(ici inchangé) : qui na pas de sens
Plus communs : parler dun intermiteux
du spectacle, dun repas sortir en le qualifiant
de dégueulicieux ; constater la médiatictature
en boucle, évoquer Sarkosette [aux caisses vides] ou le même, Sarkoléon le Petit, qui se voyait déjà prix Nobel de la paix en 2008, pour avoir entre autres proposé de bétonner les tunnels de Gaza vers l’Égypte, etc.
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Oxymore
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Déf. : Coexistence de
deux termes totalement opposés. Moyen de créer
une réalité dune troisième
dimension.
Exemple : Montaigne : « Ainsi
y a-t-il des défaites triomphales. » Racine, « un supplice si doux », dans Phèdre. Voltaire, dans Candide, pour stigmatiser la guerre : « une
boucherie héroïque ». Baudelaire :
« un jour noir plus triste que les nuits ».
Nerval : « le soleil noir de la mélancolie ».
Julien Gracq ou moi-même, je ne sais plus :
une solitude giboyeuse. Et tant dautres :
un bon petit diable ; un mort-vivant ; un viol délicat ; un
crime dhonneur ; une paix armée ; une “tolérance zéro” ; des “frappes chirurgicales” et telle autre “légitime défense
préventive” !
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Paradoxe
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Déf. : Affirmation
qui va contre lopinion la plus répandue.
Exemples : Montaigne :
« Cest puer que de sentir bon. »
En se souvenant quen son siècle, le parfum
palliait le savon ! Descartes : « Le
bon sens est la chose la mieux partagée du monde. » Proudhon : « La propriété, c’est le vol. » Apollinaire : « Ô Dieu, que la guerre est jolie ! » Saint-Exupéry : « On n’hérite pas de la terre de nos parents ; on l’emprunte à nos enfants. »
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Paronomase
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Déf. : Jeu sur
des sons proches, pour frapper loreille, pour
exprimer des sens opposés.
Exemples : Au temps où
Giscard avait créé les Travailleurs dUtilité
Collective, le secrétaire général
du P. C. avait tonitrué
: « les TUC cest du toc ».
Se souvenir encore de lignominieux slogan de soixante-huit :
CRS, SS ! en ce quil décuplait, à
en crever, lesprit de tolérance
[Lire
à cette occasion] Le choc, le chic et le chèque ; le fric, le froc et les frasques… Obama, au bas mot… Le médecin prête le serment d’Hippocrate, mais chez Molière il fait le fervent hypocrite… Le sacre et le massacre… DSK ayant queuté la présidentielle 2012, pas d’étalon contre les talonnettes !
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Personnification
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Déf. : Fait d’attribuer un caractère humain à d’autres éléments : lieux, objets, animaux (comme si l’homme n’était pas d’abord un animal, mais cela n’est pas admis de tous), etc.
Exemples : Le village “blotti” dans la vallée, le prétendu ‘charisme’ d’un véhicule !
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Polyptote
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Déf. : Un polyptote
est lutilisation à effet de redondance
de mots de même racine.
Exemples : Aimer damour,
chanter une chanson, haïr la haine, tolérer
la tolérance mais dormir son sommeil
< à vérifier
Tel est pris
qui croyait prendre.
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Prétérition
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Déf. : Formulation qui permet de parler de quelque chose ou quelqu’un en attirant d’abord l’attention sur le fait qu’on n’en parlera pas.
Exemples : Un Tel, pour ne pas le nommer… Je ne dirai rien de la Peur qui est tapie en chacun, etc.
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Prosopopée
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Déf. : Fait de donner la parole à un absent [personne morte, entité ou idée telle que la Poésie par exemple]
Exemples : Voir Cadou qui donne la parole à la Poésie…
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Syllepse de sens
Syllepse grammaticale |
Déf. : Fait de donner à entendre deux sens à un même mot dans une phrase. C’est mille fois plus subtil que le calembour qui doit, lui combiner souvent lourdement, son et sens (un ingrat / un nain gras ; ou tout de même un peu mieux : Pierrot et Mélusine / mais non, il n’aimait pas l’usine ; elle est en quoi la statue de la liberté à New-York ? Elle étend le bras).
Exemples : Parler de ses chères études ou de ses chers enfants : on comprend la conjugaison d’une affection et d’un coût financier ! Racine fait dire à Titus : « Brûlé de plus de feux que je n’en allumai » où se conjoignent l’amant et le soldat, les feux de la guerre et ceux de l’amour, dans Bérénice. Ou encore Le Canard enchaîné, entre des paysans déchaînés, redouble en octobre 2009 : « Pour leur blé, les céréaliers font du foin » (leur revenu, le caca-prout). Plus classique, dans L’Avare de Molière, la remarque de Frosine à La Flèche : « Je sais traire les hommes » — qu’il faut suivre de la braguette au portefeuille. Et encore : La fête de la musique : du son pour les ânes ! Chirac, à qui le traitait de connard, de tendre la main, en disant du tac au tac : « moi, c’est Chirac » [l’insulteur devient ainsi : M. Connard !]. Enfin, ici coup double : Il lui avait si bien fait la cour qu’elle lui aurait confié son jardin.
Déf. : Accord non par logique grammaticale, mais par le sens.
Exemples : La moitié
des habitants est mal logée [accord grammatical].
La moitié sont mal logés. [Voir
aussi]
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Zeugma
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Déf. : Procédé
qui consiste à rattacher grammaticalement à
un même terme deux éléments (ou
plus encore) très éloignés par
le sens logique.
Exemple : Il tira son
mouchoir et, le coup parti, au plus court, presque à
angle droit. Le propre de léclair est quil
est sans mémoire. Il prit une gifle
et aussitôt la porte. [Prendre ici à bien
deux sens successivement : recevoir et disparaître.]
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O
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Déf. :
Exemples :
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[]
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Ch
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Pierre
Perrin, 30 août 2006
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