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Caspar David Freidrich
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hers élèves
de la classe de 3ème 3 du collège Pierre Vernier,
Vous êtes les lecteurs de demain. Déjà,
vos qualités d’écoute, de compréhension et
de réflexion mêlées, donc d’enrichissement
de votre d’esprit, tout ce que j’ai apprécié
de votre part, s’avèrent remarquables. Celles-ci, vous
les devez pour partie à votre professeur de Français.
Certains parmi vous, qui l’avez écouté dans une
classe antérieure, l’ont perçu depuis la première
heure. Non seulement il transmet le goût de lire, mais encore
il élève en chacun et attise, avec un enthousiasme parfaitement
raisonné, le feu sans lequel il n’est guère de lumière.
Aussi, en proposant à votre sagacité, à l’entour
de la Toussaint, quelques-unes de mes pages, il a anticipé au
mieux l’ouverture d’esprit qu’on attendra de vous
au lycée ; il a réalisé avec vous et pour vous
l’audace d’inviter un écrivain, ce que recommandent
bien les Instructions officielles mais dont peu de classes bénéficient
en réalité. Votre bonheur fut enfin le mien — jusqu’à
recevoir votre belle lettre-témoignage, que je n’attendais
pas, tellement la simple politesse agonise, quand tout au contraire
vous vous transportez à ce sommet : la gratitude.
Cette dernière, à la façon
d’un flambeau que je vous vois prendre pour le porter plus avant,
je l’ai de mon côté secrètement éprouvée.
Car vous m’avez rappelé qu’un écrit vaut ce
que ses lecteurs lui vouent. L’auteur accomplit ce qu’il
juge le meilleur de soi, à un moment donné, puis l’oublie.
À mesure qu’il progresse, par l’accroissement de
sa culture, l’étendue naturelle de son expérience
et l’écheveau de ses rencontres démêlé
par une méditation la plus achevée possible, il ne peut
que mieux percevoir ses limites passées. Votre regard, en rien
innocent, mais rendu presque affectueux par la persuasion de ce vrai
passeur de littérature, Gérard Cuenot, m’a touché.
J’ai connu grâce à vous tous une sorte d’espace
de satisfaction, un accord entre ce que j’avais pu écrire
et une façon certaine de le recevoir. Cet échange englobant
le texte en le dépassant quelquefois, c’est le propre d’une
lecture réussie. Rien ne vaut le for intérieur ; encore
faut-il nourrir ce dernier ; c’est à cela que tendent les
œuvres. Lire n’a de sens que si l’on veut vivre jusqu’à
l’âme.
Et puisque vos qualités intellectuelles,
à l’image de ces promesses que vous m’avez fait entrevoir,
sont printanières, très vivaces, je vous souhaite, bien
au-delà de l’année civile et scolaire, de les porter
à maturité et que le bonheur grandisse à la mesure
de votre vie.
C’est en vous
remerciant encore pour tout que je vous salue très cordialement,
Pierre PERRIN, le 13 décembre 2001
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