C
L
I
C

C
L
A
C

Un crime d’état
poème pour une commémoration adulte

Les poèmes de Pierre Perrin

L

a gerbe et le salut commémorent non la paix, la victoire.
L’orgueil toujours prévaut sur la mort. Les braves encore
Dociles, qui tremblent sous les bannières, furent la chair
À boucherie. L’horreur était à jamais tue. L’exemple aussi
Tuait le doute soudain pire qu’un déluge de feu ennemi.

Guillaume ne parle en rien de tailler en pièces la piétaille.
Lou, du quart de cavalerie, Madeleine à sa suite tonnaient
Joyeusement sur les tranchées. Au réveil pourtant, la boue
Partout ; des boyaux, sortaient des rats à l’arme blanche,
Qui tenaient mal debout, qu’on poussait à l’assaut des gaz.

Et tous, terrés puis jetés sous la mitraille, abandonnés les
Fiancée ou femme, enfants, la maison, les moissons, fous
De voir tant de broyés, amputés vifs, brûlés aux bronches,
Pour rien mais pour toujours immolés par le fait du prince,
Juraient encore : plus jamais ça. La gerbe ne désarme rien.

[11 novembre 1998] — Pour imprimer le texte

Revenir à la page précédente