|

© Pierre Perrin
|
 |
FAUX-BOND
ui que tu
sois, tu peux venir. J’ai mis de l’ordre ! Les tentures
sont tirées, comme au cœur de l’hiver. Les portes brillent,
sabre au clair ! Les vitres immenses saluent les mouvements hercyniens,
sans ciller. Le sol, par exception, est ciré ; la musique,
funèbre. Même les livres ont rejoint des allures d’éternité.
J’ai
rassemblé, comme aux osselets, mes échecs. Quelques femmes
aimées en regardent d’autres – toutes sont ailleurs
– qui ont su réserver leur passion, me laissant sur ma faim.
La dérive
s’achève. Tu peux venir ; j’ai appris ma leçon.
Tu trouveras un très digne pendu.
Manque à vivre, 1985 [recueil épuisé]
|
|
 |