LE PRIX MARCEL AYMÉ
 
 
Lire Marcel Aymé collaborateur ? par Michel Lécureur

Marcel Aymé, Écrits sur la politique (1933-1967), Les Belles Lettres/Archimbaud, 336 pages, 20 € [article de Pierre Perrin]

Michel LÉCUREUR, Les Chemins et les rues de Marcel Aymé, photos de Thierry Petit, éditions Tigibus.

L

e lecteur curieux se demandera pourquoi l’éminent professeur et, ces vingt dernières années, président de l’association des amis de Marcel Aymé, qui a réalisé l’Album 2001 de la Pléiade, récidive. Mais l’esprit diffère, l’angle de vue se fait plus léger. Le volume de la Pléiade est une mine pour l’amateur ; l’approche est fouillée, les documents parfois inédits. Le ‘beau-livre’  de chez Tigibus chausse des bottes de sept lieues. On y flâne et l’œil à tout instant s’allume aux couleurs de Thierry Petit. Ce livre n’est pas seulement local, puisqu’il court de Joigny à Paris en passant par Le Déchaux, Dole, la Vouivre et ses méandres, et Montmartre. L’œuvre n’en est pas moins présente, en filigrane. Et Benoît Duteurtre, en rappelant dans sa préface que « l’esprit de sérieux s’est transformé en ridicule mais la comédie de mœurs conserve son insolente fraîcheur », ajoute au plaisir de l’ensemble. La rue qui ouvre le cœur vaut toujours le détour.

Pierre Perrin, Lettres comtoises n° 7 – 2002

Cahier Marcel Aymé n° 19-20

Société des Amis de Marcel Aymé, (distribution : Belles Lettres), 240 p., 18 €

Ce volume révèle avant tout un inédit, Henri IV, écrit à bride abattue au début de la deuxième guerre mondiale. Si toutes les vues ne sont pas neuves, la leçon vaut plus que le détour. Le bon roi “caressait ses ennemis et trahissait les siens avec une gentillesse qui faisait tout oublier”. La réédition en fin de volume d’une notice de 10 pages consacrée à Hugo s’avère un autre délice. On n’est pas là dans le sillage d’un Thénardier des Lettres. C’est de la première main, et relue. Ces pages de Marcel Aymé sur notre géant comtois pétillent d’intelligence. Ajoutez à cela l’humour des dialogues écrits pour La Bourse et la vie, le film de Mocky (1965), et vous obtenez un régal, de surcroît illustré. Lire Aymé, c’est plus qu’aimer lire. C’est l’effet centrifuge du génie.

Pierre Perrin, Pays comtois n° 47 – mars-avril 2003